
Par le Dr. Pascal Pointaire Souplesse. Assouplissement visible en quelques semaines, en pratiquant progressivement et régulièrement. Avec l'âge, le manque de souplesse est un des facteurs les plus importants limitant l'autonomie et la qualité de vie. Equilibre. La santé est une question d'équilibre physique, mental et spirituel. Les postures d'équilibre permettent de situer son corps dans l'espace et de ressentir une meilleure stabilité dans l'existence. Tonus. Certaines postures sont tenues pendant plusieurs secondes, ce qui améliore l'endurance et le tonus. Circulation et drainage intérieur. Les postures inversées aident au retour veineux. Les flexions importantes et les bandas massent les organes internes, en comprimant l'abdomen. La stimulation de ces organes améliore leur fonctionnement et renforce l'organisme en général. Respiration. Le Yoga permet de prendre conscience de la respiration et de coordonner le souffle aux mouvements. Améliorer la respiration est le moyen le plus efficace pour augmenter l'énergie vitale. Relaxation et apaisement de l'esprit. L'étirement des muscles et les repos permettent un meilleur relâchement musculaire. La pratique consciente du Yoga permet de se recentrer d'abord pendant les séances, puis de plus en plus dans la vie courante. Respect de soi. On apprend à " écouter son corps ". En Yoga, l'esprit de compétition n'a pas cours. Ainsi, on évite de se faire du mal en voulant faire comme les autres ou mieux que les autres. Concentration. Les pratiques méditatives aident à orienter l'esprit sur un seul objet, à canaliser le flux des pensées. Une pratique régulière permet de découvrir son propre soi. Connaissance et écoute de soi. On apprend à mieux ressentir sa vie, à mieux observer ses pensées et ainsi à mieux se connaître. En pratiquant consciemment, progressivement et régulièrement, les résultats sont garantis et objectivables. Dans le Yoga traditionnel, la méditation est le prolongement d'étapes préliminaires. La pratique méditative peut favoriser l'état de Samadhih, but ultime du Yoga.soi-même. Les étapes classiques sont les suivantes : 1) Les attitudes envers l'extérieur, yamas : ahimsâ : non-violence. Etant établie, elle permet aux autres d'abandonner leur hostilité. En évitant le plus possible de faire souffrir les humains (attention à la cruauté verbale ou comportementale, moins évidente) et les animaux (végétarisme, éviter de tuer les insectes, les articles en cuir). - satya : vérité. Permet aux actions de porter leurs fruits. - asteya : honnêteté. Celui qui est honnête recevra tout les joyaux. Ne pas voler. En pratique, assez facile en surveillant ses actes. - brahmacharya : sacralisation. Permet d'obtenir de l'énergie. aparigrahâ : dénuement. Permet de comprendre la transmigration. 2) Les attitudes envers soi-même, niyamas : - shaucha : pureté. Aide à se détacher du contact avec autrui et permet de découvrir son vrai Soi. Propreté interne et externe. Tout en sachant que le mieux est l'ennemi du bien. Un excès de propreté externe peut favoriser des allergies - santosha : contentement. Permet d'obtenir le bonheur suprême. Modestie, contentement. Fournir un effort constant dans la recherche de l'humilité (briller sans éblouir, avancer sans s'avancer), du contentement (ici et maintenant) et de la simplicité. - tapas : autodiscipline. En éliminant les impuretés physiques et mentales, le corps et les sens deviennent plus efficaces. - svâdhyaya : étude de soi. Permet l'union avec le divin. Observer ses comportements ou leurs conséquences. Demander l'avis d'autrui sur soi-même. - Ishvara pranidhânâ : abandon au divin. Permet l'accomplissement du samadhih. Eternelle difficulté à lâcher prise, à renoncer à l'illusion du contrôle. 3) La posture (âsana) doit être ferme (sthira) et confortable (sukham). 4) Le prânâyâma est une respiration prolongée (dirgha) et subtile (sûkshma). les yama ( restrictions) et les niyama (règles de conduite) sont placés avant les autres étapes car il serait vain de pratiquer des postures (asanas) des techniques respiratoires (prânâyâma) ou encore la méditation, sans effectuer des changements nécessaires au niveau des comportements. Si le but de la pratique est l'Unité, il est bon de chercher à diminuer ou éliminer les altitudes allant dans le sens de la dispersion. Par exemple, le vol ou la violence oppose les individus. Ou encore, la possessivité bride un amour potentiellement universel à un nombre limité. Les étapes suivantes permettent d'apaiser le mental et d'orienter l'esprit vers l'Unité. Pour que la pratique du Yoga ait un sens, il est important d'en connaître et d'en comprendre les raisons. Sans quoi, les asana et le prânâyama seraient utilisés " à vide " en obtenant des résultats principalement sur le plan physique ou énergétique. De même, la concentration et la méditation seraient pratiquées sans but profond, tel que l'absorption dans le réel. Il s'agit donc de se connaître et de connaître les textes (Svadhyaya), de prendre conscience de ce qui nous dépasse (Ishvara pranidhana) pour orienter justement la pratique du Yoga. 5) Pratyhara (Le repli des sens) Si l'on observe bien, on passe une bonne partie de son temps à s'occuper ou à se préoccuper du monde extérieur. Si l'on recherche un état d'Unité , de conscience du Tout, c'est le monde intérieur qui peut le révéler. Le monde extérieur est manifestement celui de la multiplicité, de la diversité et aussi celui de la dispersion. D'autant plus dans une société industrialisée, où les possibilités offertes à nos sens n'ont jamais autant été diverses. On peut trouver une multiplicité de saveurs, de goûts provenant de cuisines exotiques. On peut voyager aux quatre coins de la terre, rencontrer une foule de personnes de cultures , de comportements. Des millions d'images, de sons affluent à nos yeux et nos oreilles par le truchement des écrans et des haut-parleurs. L'ennui est un sentiment intéressant à ce propos. On peut " tromper son ennui " en cherchant à gaver davantage nos sens : Je veux voir plus de films, de textes, je veux écouter plus de sons, dans une discothèque ou un concert. Je veux goûter à tout , manger encore, toujours plus. Je veux toucher plus de peaux, sentir plus d'odeurs. Parfois même cette distraction extérieure ne satisfait plus. L'ennui devient alors un signal de se tourner vers quelque chose de plus profond en soi. Découvrir ce sentiment de plénitude, de sérénité, harmonisation au Tout ". On ne ferme pas seulement nos sens , on cherche à les diriger vers l'intérieur, pour découvrir son vrai soi. Dans ce sens, l'étape précédante, le prânâyâma, facilite cette intériorisation. Approfondir la respiration nous fait ressentir des changements physiques et psychiques dirigeant l'attention en soi-même. Le prânâyâma oriente la concentration sur le souffle, rythme intérieur. On découvre alors que le grand Son est inaudible, que l'ultime Forme est invisible 6) Dharana, la concentration se travaille au niveau du troisième Sil, 6ème chakra 7) Dhyana, la méditation, permet de nous ouvrir à l'Absolu, le lien avec le divin se trouve traditionnellement au sommet de la tête, 7ème chakra 8) L'état de supra-conscience, Samadhi, 8ème étape dénote donc un dépassement des limites habituelles de l'être humain, aller au-delà des limites du soi. |