Jeudi
10 décembre
à 20h


Programme des soirées cinéma

Soirée cinéma
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La visite de la fanfare


L'histoire

Aucun représentant officiel du Centre culturel arabe situé en Israël n'est présent à l'aéroport afin de pouvoir accueillir à leur arrivée les membres d'une fanfare en provenance d'Egypte.
Tentant de se rendre à bon port par leurs propres moyens, ceux-ci ne tardent pas à se retrouver en plein désert israélien, dans un village loin de tout.
Là, durant quelques heures seulement, les musiciens de passage et les autochtones se lient d'amitié, mettant de côté leurs différences culturelles.
Comédie israélienne primée à de nombreuses reprises dans des festivals internationaux tels que Cannes, Zurich, Montréal, Sarajevo ou encore Varsovie.







Sortie: 19 décembre 2007
Durée: 1h 26 min
Genre: Comédie
Réalisé par: Eran Kolirin
En vedette: Tewfiq .....Sasson Gabai
Dina ........Ronit Elkabetz
Haled.......Saleh Bakri
Simon ......Khalifa Natour
Camal ......Imad Jabarin
Iman ........Tarak Kopty
Fauzi .......Hisham Khoury
Makram François Khell
Saleh ......Eyad Sheety
Papi ........Shlomi Avraham
Itzik..........Rubi Moscovitz
Avrum......Uri Gavriel
Iris............Hilla Sarjon
Léa..........Ahouva Keren
Acteur......Rinat Matatov


Commentaires

Une fable joliment grinçante

C'est par un long plan quasi photographique que s'ouvre le premier film de cinéma d'Eran Kolirin, « La Visite de la fanfare ». Assez immédiatement, on pense aux couleurs brutes et vives des clichés de Martin Parr, l'anglais (socio-documentariste) qui fige ses compatriotes et prochains avec humour et causticité.

Les uniformes bleu pétard en ouverture sont ceux qu'arborent fièrement les musiciens d'une petite fanfare de la police égyptienne, expédiés en Israël pour l'inauguration d'un centre cuturel arabe.

La fixité du plan, ensuite, traduit les drôles de circonstances : personne ne semble finalement être venu accueillir le groupe ; on l'a oublié. Une anecdote véridique, vaguement historique, qui aurait été oubliée si Kolirin ne s'en était saisi pour fabriquer ici une très belle fable comico-humaniste sur les relations naissantes entre Israéliens et Egyptiens.

Un moment d'apesanteur dans un coin du monde en guerre perpétuelle

Comment le modeste petit orchestre égyptien désorienté trouverait-il, sinon une issue, du moins une route dans un pays sinon impénétrable, du moins indéchiffrable ? Comment ne se perdrait-il pas dans une ville oubliée du monde, presque déserte et portant, à une lettre près - la première - le nom de celle où il était attendu ? Comment pourrait-il se retenir de demander, pour apaiser sa faim un peu de pain blanc à la sublime, brune, et généreuse propriétaire du petit café-restaurant, Dina ? Enfin, comment celle-ci ne proposerait-elle pas aux musiciens de les héberger jusqu'au bus du petit matin, quand ils ne leur reste que de la monnaie égyptienne et qu'ils n'ont nulle part où aller ? Pour raconter ce moment d'apesanteur dans un coin du monde en guerre perpétuelle, pour rendre une histoire d'amour entre deux êtres qui n'auraient pas dû se rencontrer, entre deux peuples qui n'auraient pas dû se séparer, le scénario distille habilement la folie douce, le décalage amusé d'un burlesque oriental, souvent proche de celui d'Elia Suleiman.

Mais derrière la beauté des corps qui se meuvent, les paysages sont hostiles. Sous les langueurs, les silences, la fixité, les regards, la sensualité et la sexualité patentes affleure une part plus obscure de ce cinéma de l'absurde, qui problématise, interroge, et grince au-delà du rire.

« Je ne suis pas attirée par des rôles sans grande signification »

Campé par l'électrique actrice Ronit Elkabetz (« Alila » d'Amos Gitaï en 2003, « Prendre Femme » en 2005), le personnage de Dina fait tenir ensemble la petite et la grande Histoire, la cuisine et l'amour, une pièce d'une maison et le monde.

Venue d'Israël et tout aussi passionnée, habitée, exigeante que la Dina qu'elle incarne ici, la comédienne ne peut d'ailleurs pas se résoudre à l'idée d'un cinéma de pur divertissement :

« Je ne suis pas attirée par des rôles sans grande signification. Je n'aime pas jouer pour jouer, mais plutôt trouver des chemins plus mystérieux, plus profonds afin de parler de ce qui me semble important. »

A travers les rôles qu'on lui offre, elle veut raconter « des choses essentielles, être militante ». Parce que ce métier, confie-t-elle, lui a « sauvé la vie » : devenir actrice lui a appris à s'exprimer sans chercher à l'extérieur, à travailler avec ses émotions, ses intuitions, son savoir, et une mémoire collective accumulée, aussi.

Sous les apparences d'une merveilleuse simplicité se dessinent la vision et le parti-pris engagés d'un cinéaste prometteur dont le premier long, champion des festivals (Cannes, Munich, Athènes, Jérusalem, Sarajevo&), fait l'unanimité absolue.


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